VIMY
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Historique de la Ville de Vimy dans les Hauts de France

VIMY, Samedi 24 Août 2019, 29 °C, Ensoleillé

VIMY… Un nom simple et court, facile à prononcer. Un nom de lieu qui laisse indifférent le Français de l’Est ou du Midi.

VIMY… D’une destinée malchanceuse, connut de tous les temps la misère, la destruction, la détresse. Heureusement composée d’une population courageuse, cette cité s’est relevée à chaque fois de ses ruines.

VIMY… Subit à chaque époque troublée de notre histoire nationale, le ravage de la folie des hommes. Il fut marqué dans sa chair. Souvent plongé dans le dénuement le plus complet, dans des conditions dramatiques, sut faire face à des besoins démesurés et urgents.

VIMY… De nos jours reconstruit au pied de la crête glorieuse où s’élève le plus grand monument commémoratif du Canada en Europe. Sur ce sol imprégné du sang de nos libérateurs, notre ville, fière de sa vitalité retrouvée, deviendra, souhaitons-le, grâce à ses animateurs, le carrefour de la Paix, la terre de l’Amitié aux hommes de bonne volonté ! …

Extrait du livre de René JACQUES
« Vimy et son glorieux passé »

Quelques étymologistes et notamment Cocheris ont fait entrer VIMY dans la catégorie des noms sortis de VIA : n’a pu fournir que via, voie, voyette.

Ces noms ne s’appliquent généralement qu’à des sentiers. Il fut construit près de la voie romaine de Nentoncenna (Arras) pour César et à Miriacum (Estaires) suivant l’itinéraire d’Antonin.

Cette route, aujourd’hui la Nationale 25 du Havre à Lille, ne devait être autrefois qu’un chemin de faible importance. Car on n’employait jamais via, mais strata.

Au travers des temps, notre ville connut bien des changements d’orthographe :

  • 1553 VIMMI (d’après le cartulaire du chapitre d’Arras n° 22)
  • 1154 VIMY (ibid n° 24)
  • 1256 VIME (rég. Kartarum f 159)
  • 325 VYMI (titres et comptes d’Artois T 2, folio 35, n° 2)
  • 1259 VIAMICUM (cartulaire de St Barthélémy)
  • 1327 VYMY (d’après ban et arrière-ban, page 31)
  • 1515 VIMY en Goel (archives nationales J. 1005, n° 2)
  • 1720 VIMY (d’après Saugrain, p 340)
  • 1739 VIMIS (Maillart, p. 38)
  • 1739 VIMY comme nous le trouvons orthographié de nos jours en patois « VEMI ».

(Extrait du livre de René JACQUES – « Vimy et son glorieux passé »)

En raison de sa situation géographique, véritable point stratégique, le pays de Vimy eut beaucoup à souffrir de tous les temps des horreurs des guerres.

1212 
|

Ferrand de Portugal, Compte de Flandre, ayant tourné ses armes contre Philippe Auguste, roi de France, envahit l’Artois. Les environs d’Arras, de Vimy et de Vitry sont ravagés

1302 
|

Après la bataille de Courtrai, les Flamands pillent la cité.

 

1358 
|

Meyer écrivait le récit d’un siège que le château de Viamicum soutint en 1358 contre les Navarrais. Il fut pris et devint le siège, le centre des opérations de ces audacieux partisans. Mais, Guy de Chatillon, que nous avons vu, comte de St-Pol, de qui relevait ce château, fit un appel à tous les chevaliers du pays qui vinrent au nombre de deux mille, et après un siège long et meurtrier de sept mois, parvinrent à s’en emparer

1369
|

Les Anglais dévastèrent tout le pays de VIMY.

1648
|

(20 août) … Des milliers de blessés de la bataille de Lens sont soignés au château de Vimy, transformé en hôpital militaire.

1708
|

VIMY souffre beaucoup de la guerre de succession d’Espagne ;


1915-1917
|

VIMY est complètement détruit.

(Extrait du livre de René JACQUES – « Vimy et son glorieux passé »)

SIGNIFICATION HERALDIQUE

A dextre : d’hermine en chef de gueules.

Cette dynastie féodale de la banlieue d’Arras, les « Arras-Achicourt », est directement issue des Alléaume d’Arras, seigneurs de Mercatel.
Cette famille, dite des banlieusards de la cité, possédait en autre Vimy.
Les « Arras-Achicourt » qui sont issus de la première race, blasonnaient d’hermine en chef de gueules.

A senestre : aux trois feuilles de sinople.

Cette signification est toute récente. Vimy, en souvenir des nombreux Canadiens tombés sur son sol lors des sanglants combats de la première guerre mondiale, ne pouvait être plus reconnaissant qu’en incluant dans ses armes, le symbole du Canada : « la feuillle d’Erable ».
Demande faite auprès de l’Ambassade le 4 juin 1964 et l’accord du gouvernement canadien du 3 juillet 1964 donnant l’autorisation d’inclure la feuille d’érable.
L’écu est coiffé d’une forteresse.

Vimy possédait un tumulus d’après Terminck.

Sur cette motte fut elevé un château-fort.

Vimy est citée à l’ordre de l’armée : notre commune est titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918 dont voici la citation :

« Complètement détruite au cours des violents combats qui ont immortalisé leurs noms, ont fait preuve malgré leurs nombreux deuils, d’un magnifique courage et d’une patriotique fermeté, méritant ainsi la reconnaissance de la France ».

Fait à Paris le 10 août 1920

                                                          Le Ministre de la Guerre,
André LEFEBVRE

 (A noter que cette citation est commune pour Vimy, Souchez et Carency).    
(Extrait du livre de René JACQUES – « Vimy et son glorieux passé »)

La victoire de Vimy fut un évènement fondateur pour le Canada.
Nombre de contemporains et d'universitaires y ont vu un moment fort dans l'évolution du Canada vers l'indépendance complète
par rapport à la Grande Bretagne

L'importance stratégique de la crête de Vimy

La crête de Vimy longue de 7 kilomètres dominait la campagne environnante. Au cours d'attaques précédentes, français et britanniques avaient subi plus de 150 000 pertes.

Au début 1917, le haut commandement britannique ordonna au Corps canadien de s'emparer de cette position dans le cadre d'une offensive plus générale dans la région d'Arras.

Une bataille planifiée

Les quatre divisions canadiennes (qui font partie de la First Army britannique) combattent pour la première fois sous un commandement unifié : celui du général BYNG. Les « Byng boys » comme ils se surnomment sont chargés de l'attaque de la crête de Vimy et de son point culminant, la cote 145, réputée imprenable. La préparation de la bataille est minutieuse. Les tunneliers creusent pour acheminer hommes et matériels en première ligne en toute discrétion et entre le 2 et 9 avril, un million d'obus sont déversés sur les allemands : c'est la semaine de « souffrance ».

Les quatre divisions canadiennes, qui attaquaient ensemble pour la première fois, prirent la crête d'assaut le 9 avril 1917 à 5 h 30.

Plus de 15 000 fantassins canadiens se lancèrent à l'assaut des positions allemandes. Leur courage et leur discipline leur permirent de continuer à avancer sous un feu nourri, même quand leurs officiers furent tués.

Plusieurs Canadiens ont bravement sacrifié leur vie, en attaquant des nids de mitrailleuses ou en forçant la reddition de soldats allemands dans leurs abris. La colline numéro 145, la plus élevée et la plus importante de la crête, là où se trouve aujourd'hui le mémorial de Vimy, fut capturée lors d'une charge frontale à la baïonnette contre des postes de mitrailleuses. Trois autres journées de combats acharnés concrétisèrent la victoire finale. L'opération canadienne fut un grand succès, même si l'offensive franco-britannique dont elle faisait partie avait échoué.

Cependant, cette victoire eut un coût élevé : 3598 Canadiens furent tués et 7000 autres blessés.

Un symbole

La prise de la crête de Vimy fut plus qu'une simple victoire sur le champ de bataille. Pour la première fois, les quatre divisions canadiennes, composées d'hommes de partout au Canada, attaquèrent ensemble. Le brigadier-général A.E. Ross déclara après la guerre : « Au cours de ces quelques minutes, j'ai été témoin de la naissance d'une nation. »

Par la suite, Vimy est devenue un symbole du sacrifice du jeune Dominion.

En 1922, le gouvernement français céda à perpétuité au Canada la crête de Vimy et les terrains environnants. Le marbre blanc brillant et les émouvantes sculptures du Mémorial de Vimy (inauguré en 1936) évoquent le souvenir des 11 285 Canadiens morts en France sans sépulture connue.

MÉMOIRE D'UN MONUMENT : les sculptures du Mémorial de Vimy

Le Musée canadien de la guerre a la garde de dix-sept personnages en plâtre créés, entre 1925 et 1930, pour le Mémorial de Vimy en France, par le sculpteur canadien Walter Allward (1875-1955). Les seules marques de l'artiste sont évidentes sur ces témoins qui restent de la commande que lui avait passée le Canada. Le Mémorial et les statues en pierre, qui sont en France, sont l'œuvre de tailleurs de pierre professionnels travaillant à partir des maquettes et dessins d'Allward.

Les peuples ont depuis toujours signalé par des monuments leurs exploits et sacrifices de guerre. La plupart du temps, ils ont confié l'exécution de ces œuvres à leurs meilleurs artistes et sculpteurs. Le Canada ne fait pas exception car le mémorial de la Grande Guerre sur la crête de Vimy est également le point culminant des réalisations d'Allward. Le Mémorial, magnifique rappel du sacrifice consenti par le Canada durant la Grande Guerre, est au sommet de la crête, dominant la plaine de Douai, dans le nord-est de la France. Aujourd'hui, il est facile de l'apercevoir de l'autoroute qui passe à ses pieds.

Le nombre de morts canadiens durant la première Guerre mondiale (19141918), est stupéfiant : 60 000, dont 16 000 sans sépultures, parmi les 625 000 enrôlés. Sur le front ouest, pour sept Canadiens qui servaient, un trouvait la mort. La Commission impériale des sépultures de guerre (CISG), établie en mai 1917, afin d'enterrer dignement les morts dans des cimetières permanents, commença à prévoir la façon dont on pourrait commémorer les morts et les disparus. La conférence impériale réunit à Londres, en Grande-Bretagne, en 1918, approuva cinq grands principes dont les deux reliés au mémorial qui stipulaient que ceux-ci devaient être ouverts au public et être permanents.


Après la guerre, la CISG attribua au Canada huit sites --- trois en France et cinq en Belgique --- où s'étaient déroulés des combats et où des monuments commémoratifs pourraient être élevés. En 1920, la nouvelle Commission canadienne des mémoriaux de champs de bataille organisa un concours pour déterminer quel monument canadien serait érigé sur chacun des sites. En octobre 1921, la Commission déclara gagnante l'esquisse de Walter Allward, qui incluait vingt personnages symboliques associés à la guerre. Ceux-ci étaient intégrés à un socle massif en pierre surmonté de deux immenses piliers représentant le Canada et la France.

En 1921, Allward expliqua que ce mémorial lui avait été inspiré par un rêve indélébile qu'il avait eu durant la guerre : « Un soir, durant la guerre, je suis allé au lit l'esprit tourmenté, après avoir longuement pensé à la boue et à la misère qui existaient en France, où la situation était alors au pire... J'ai rêvé que j'étais sur un immense champ de bataille. Je voyais nos hommes s'y engouffrer par milliers et y être fauchés par la mort... Ne pouvant en supporter plus, je tournai les yeux et aperçus une avenue bordée de peupliers. Et, dans cette avenue, des milliers d'hommes arrivaient à la rencontre des nôtres. C'étaient les morts qui se levaient en masse, s'alignaient en silence et couraient à l'aide des vivants. Cette impression fut si forte qu'elle restât avec moi durant des mois. Sans les morts, nous étions sans ressources. J'ai voulu montrer, dans ce monument élevé en rappel de ceux qui sont tombés, ce que nous devions à ceux-ci et que jamais nous ne les oublierions. »

Au moment où il remporta le concours, Allward était un sculpteur expérimenté bien connu pour ses mémoriaux. Né à Toronto en 1875, il avait étudié le dessin. Il suivit des cours de sculpture à la New Technical School de Toronto, entre 1891 et 1893, et loua son premier atelier en 1894. Il se pencha durant les deux années suivantes sur le symbole «de la paix du monument élevé à Toronto consacré à l'insurrection de Louis Riel, en 1885, dans le Nord-ouest du pays, aujourd'hui en Saskatchewan. En 1910, il termina à Toronto le monument commémorant la participation du Canada à la guerre d'Afrique du Sud (ou des Boers), de 1899 à 1902. Ces commandes assurèrent la réputation d'Allward qui pouvait vivre de son art. Il sculptait des bustes et des statues de Canadiens célèbres comme Sir Wilfrid Laurier, en 1901, ou des monuments commémoratifs, comme celui dévoilé à Brantford, en Ontario, en 1917, en l'honneur d'Alexander Graham Bell.

À l'été 1922, la Commission canadienne des mémoriaux de champs de bataille décida que la crête de Vimy recevrait le monument d'Allward. Les autres sites seraient couverts de monuments moins impressionnants, à l'exception de celui de Saint-Julien, où se dresserait celui ayant obtenu le deuxième prix. La crête de Vimy fut certainement retenue du fait de l'importance du combat qui s'y était déroulé mais, aussi, à cause de sa situation dominante et solennelle. Dans un atelier dont il venait de prendre possession à Londres, en Grande-Bretagne, Allward se mit presque immédiatement à sculpter les éléments figuratifs dans de la glaise. Pendant ce temps, et sur deux ans et demi, les 100 hectares du site furent nettoyés des détritus dangereux laissés par la guerre – bombes, obus d'artillerie et grenades non explosés. Il fallut également deux ans pour trouver une pierre calcaire qui satisfasse Allward. Ironiquement, elle venait d'une carrière située près de Sarajevo, en Yougoslavie, où avait eu lieu, en 1914, l'assassinat de l'Archiduc autrichien François-Ferdinand et de sa femme, événement qui avait précipité le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

La glaise non cuite sèche rapidement et se craquelle. Allward fit donc des moules en plâtre de ses personnages en glaise très tôt après leur exécution. Les statues plus robustes en plâtre que le Musée canadien de la guerre possède ont été coulées dans ces moules avant d'être expédiées à Vimy. La restauration récente de trois des principaux groupes de personnages symboliques a fait découvrir que le sculpteur les avait travaillés après leur coulage. Il leur a parfois ajouté du plâtre ou les a sculptés de façon plus détaillée.

Ces sculptures sont à peu près de grandeur nature, alors que celles du Mémorial sont deux fois plus grandes. À Vimy, les sculpteurs français ont utilisé une technique leur permettant de doubler la dimension des maquettes. Ils utilisèrent le pantographe, instrument qui permet de reproduire mécaniquement un dessin en agrandissant ou en réduisant les dimensions du modèle, ainsi qu'une règle pour mesurer l'épaisseur de diverses parties des sculptures en plâtre. Ils percèrent ensuite les blocs de pierre placés à côté des figures en plâtre à des profondeurs déterminées par une autre règle, afin de reproduire à double échelle la sculpture. Un peu partout sur les plâtres, on note des marques au crayon et, parfois, des repères en métal partiellement enfouis.

Le symbolisme chrétien de plusieurs des sculptures d'Allward est criant. Chez nombre de Canadiens était ancrée la croyance que le terrible effectif des morts au combat équivalait à la mort du Christ sur la croix, ce qui lui donnait une valeur rédemptrice. La sculpture du « Canada pleurant ses fils disparus » rappelle clairement les traditionnelles Mater Dolorosa (la Vierge Marie en deuil) alors que celle déployée sur l'autel, au bas des deux piliers, ressemble à la Crucifixion.

Les sculptures au sommet des piliers représentent les vertus universelles que sont la foi, la justice, la paix, l'honneur, la charité, la vérité, la connaissance et l'espoir. Le lien de la tradition entre l'art et le souvenir est implicite dans les deux personnes affligées en méditation, inspirées des quatre statues réalisées par Michel-Ange sur la tombe des Médicis, à Florence, en Italie. Entre les piliers, « l'Esprit du Sacrifice », qui tient un flambeau, est une référence à l'un des poèmes les plus célèbres de la Grande Guerre In Flanders Fields (Au champ d'honneur), rédigé par le lieutenant-colonel John McCrae du Corps médical de l'Armée canadienne.

Il fallut dix ans pour terminer le Mémorial qui fut finalement inauguré le 26 juillet 1936 devant plus de 100 000 visiteurs. Ernest Lapointe, ministre canadien de la Justice, sut exprimer les sentiments de ceux qui étaient présents et renforcer les messages contenus dans le monument d'Allward en disant : « L'ultime hommage que nous pouvons offrir aux soldats canadiens, est d'affirmer que leurs sacrifices ont contribué à introduire dans notre civilisation le plus grand principe moderne — celui de la Paix basée sur la reconnaissance des droits des peuples à la vie et la justice.»

En 1937, les sculptures en plâtre furent emballées et envoyées au Canada. En mars 1937, dans une lettre à J. B. Hunter, sous-ministre des Travaux publics, le Premier Ministre William Lyon Mackenzie King semble appuyer le projet voulant que des statues en bronze soient coulées à partir de ces modèles et qu'elles soient disposées en des endroits appropriés à Ottawa et dans les provinces. Cela ne se concrétisa pas et les plâtres disparurent dans les entrepôts des Travaux publics. En 1960, les sculptures étaient logées avec une partie des collections du Musée canadien de la guerre qui demanda qu'elles soient déplacées pour faire place à un arrivage important d'artefacts.

Le 3 mai 1960, le ministère des Anciens combattants, qui avait la garde des maquettes, informa le musée que « ... le ministre des Anciens combattants a accepté que les sculptures soient détruites », mais seulement après que des photographies en auraient été prises. À l'époque, cette décision paraissait raisonnable, puisque les sculptures étaient perçues comme des maquettes, non pas comme des œuvres d'art. La proposition du ministre ajoutait que « l'Armée pourrait aider à cette disparition en transportant les caisses sur leurs terrains d'essais, ou en tout autre lieu approprié discret où les maquettes seraient photographiées et détruites ». Mais, le ministre de la Défense nationale refusa l'idée. À la place, en septembre 1960, les sculptures prirent le chemin de la Caserne Vimy, à Barriefield, en Ontario, où elles ont été entreposées.

En 1977, dix-sept des sculptures en plâtre étaient de retour dans les entrepôts des Travaux publics, à Ottawa. (Les trois autres sont restées à Barriefield et sont maintenant exposées au nouveau Musée militaire des communications et de l'électronique de la Base des Forces canadiennes de Kingston). Cette même année, un petit musée d'Elgin, en Ontario, spécialisé dans la sculpture canadienne, demanda la permission du ministre des Anciens combattants d'acquérir et d'exposer les sculptures d'Allward, une requête qui raviva l'intérêt pour ces œuvres. Mais cette galerie d'Elgin, n'ayant pas l'espace nécessaire à leur exposition et à leur entreposage, ne put poursuivre son projet. Le ministre des Anciens combattants les transféra plutôt au Musée canadien de la guerre. En 1993, en vue d'une exposition sur la carrière de Walter Allward, le personnel du Musée ouvrit les caisses pour la première fois depuis 1937. Cette exposition n'eut finalement pas lieu, mais les œuvres ne furent pas remballées. En 1999, un travail de restauration délicat, de longue haleine et onéreux commença en liaison avec l'exposition Tableaux de guerre inaugurée en février 2000.

Les plus grandes œuvres de Walter Allward sont devenues une nouvelle portion éloquente de notre patrimoine national soixante-quatre ans après l'achèvement du Mémorial de Vimy. De nombreux Canadiens ont pu aller visiter le Mémorial en France : maintenant, des dizaines de milliers de plus peuvent voir ce qui l'a inspiré en s'arrêtant devant les œuvres originales en plâtre exposées au Musée canadien de la guerre dans la salle de la Régénération.

Le mémorial : une description

Le parc commémoratif aménagé au sommet occupe un espace de 250 acres. Au point le plus élevé, il est possible d'observer l'ensemble de la région du Pas-de-Calais dans un rayon de 35 kilomètres. Les vestiges de tranchées et les cratères laissés par les obus rappellent la violence exceptionnelle des combats qui s'y sont déroulés en 1917.

Le mémorial fut érigé sous la direction de l'architecte torontois Walter Seymour Allward. Sa construction dura onze ans et une somme de 1,5 million de dollars y fut investie. L'inauguration du monument eut lieu le 26 juillet 1936 en présence du roi d'Angleterre Edouard VIII, du Président de la République française Albert Lebrun et de plus de 50 000 vétérans canadiens et français de la Grande Guerre et leurs familles.

Le mémorial fut érigé sous la direction de l'architecte torontois Walter Seymour Allward.

Sa construction dura onze ans et une somme de 1,5 million de dollars y fut investie. L'inauguration du monument eut lieu le 26 juillet 1936 en présence du roi d'Angleterre Edouard VIII, du Président de la République française Albert Lebrun et de plus de 50 000 vétérans canadiens et français de la Grande Guerre et leurs familles.

Ayant fait l'objet d'une importante restauration à partir de 2004, le mémorial fut inauguré de nouveau en présence de la reine Elizabeth II en avril 2007, au cours d'une cérémonie marquant le 90e anniversaire de la bataille de Vimy. L'entretien du mémorial et l'administration générale du parc commémoratif sont maintenant sous la juridiction du ministère canadien des Anciens combattants.

L'architecte Allward a fait construire le mémorial sur le point le plus élevé de la crête de Vimy, la cote 145. Le monument comporte plusieurs composantes symboliques telles que des figures humaines, des objets militaires et des écritures, le tout évoquant les valeurs pour lesquelles les soldats canadiens de l'époque se sont sacrifiés. Le premier élément qui frappe le regard au loin est constitué par deux immenses colonnes en calcaire, hautes de 30 mètres et pesant 6 000 tonnes, situées sur une base rectangulaire cimentée pesant elle-même environ 11 000 tonnes. Le calcaire utilisé pour l'érection de ces colonnes fut importé d'une ancienne carrière romaine située près de la mer Adriatique dans l'actuelle Croatie. Ces colonnes représentent respectivement le Canada et la France. Au sommet de celles-ci se trouvent des statues représentant entre autres la Vérité et la connaissance. L'une des figures qui se démarque de l'ensemble commémoratif est celle d'une femme. Tournée vers l'est, en direction de la plaine de Douai, la Mère Canada penche la tête vers le sol. Son regard triste sculpté dans la pierre symbolise cette jeune nation canadienne qui pleure la disparition de ses fils. Sur la face ouest du mémorial sont sculptées les figures d'un homme et d'une femme représentant les parents des soldats tombés. Quant à la base rectangulaire de sept mètres de hauteur qui stabilise la structure, elle représente le mur défensif érigé face à l'ennemi. Sur chacune des faces de cette base sont inscrits les noms des 11 285 soldats canadiens tués en France et n'ayant pas de sépulture connue.

Le symbole du sacrifice ultime

Le monument commémoratif de Vimy sert non seulement à marquer l'emplacement de la grande victoire canadienne de la Première Guerre mondiale, mais il constitue aussi un hommage à tous ceux qui ont servi leur pays en temps de guerre et ont risqué ou donné leur vie dans cette lutte de quatre ans. Par conséquent, le mémorial de Vimy bénéficie d'un poids culturel et d'une valeur patrimoniale considérable au Canada. Sa présence imposante sur une crête où tant de soldats sont morts, rappelle une représentation de l'histoire largement répandue dans le Canada, à savoir que la nation canadienne aurait été forgée dans le fer et le sang sur ce champ de bataille en 1917.

L'érection de ce mémorial dans la période de l'entre-deux-guerres constituerait alors le point culminant de l'affirmation d'un nationalisme canadien qui serait parvenu à véritablement définir ses valeurs à partir de l'expérience des champs de bataille d'Europe. Par ailleurs, d'un autre point de vue, le mémorial de Vimy dépasserait les frontières de la crête et symboliserait l'ensemble des sacrifices de la nation canadienne à travers les guerres de son histoire. D'ailleurs, les sommes importantes investies par le gouvernement canadien dans la restauration du mémorial au début des années 2000 envoient un autre signal de la volonté des Canadiens de ne pas oublier le prix du sacrifice consenti pendant la guerre de 1914-1918, voire lors des conflits subséquents.

Autre signe de l'importance de sa valeur patrimoniale, le mémorial de Vimy est l'un des deux seuls sites historiques situés à l'extérieur du territoire canadien à être reconnus par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Rappelons que sa valeur dépasse les frontières symboliques de la bataille de 1917: ce mémorial représente le sacrifice des 65 000 soldats canadiens tombés pendant la Première Guerre mondiale, dont plus de 11 000 n'ont pas de sépultures identifiées. Environ 7 000 soldats sont enterrés dans une trentaine de cimetières militaires situés dans un rayon de 20 kilomètres autour du parc commémoratif.

L'histoire d'un lieu : la bataille

Point stratégique et observatoire naturel par excellence, la crête de Vimy était tombée aux mains de l'armée allemande au début de la guerre en octobre 1914 dans le contexte de la Course à la mer, une série d'engagements au cours desquels les belligérants tentaient de se déborder mutuellement dans l'espoir de reprendre la guerre de mouvement. L'Armée française tenta à plusieurs reprises de déloger les Allemands, mais sans succès : en tout, elle perdra plus de 100 000 hommes dans ses tentatives de prendre la crête et le terrain avoisinant. Le XVIIe Corps d'armée britannique releva les Français dans le secteur en février 1916.

The Battle of Vimy Ridge (1917)

C'est en octobre 1916 que les quatre divisions d'infanterie formant le Corps canadien prirent la relève dans le secteur. La bataille de Vimy d'avril 1917 est le premier (et le seul) assaut mené simultanément par toutes les divisions du Corps canadien. Après cinq mois de préparation, l'assaut fut lancé le 9 avril 1917 au petit matin.

Au cours des jours qui suivirent, le Corps canadien perdit environ 10 000 combattants, dont quelque 3 600 tués, faisant de Vimy l'un des assauts les plus sanglants menés par les Canadiens au cours de la guerre de 1914-1918.

L'histoire d'un lieu : le mémorial

C'est en 1922, après une série de discussions entre les gouvernements, qu'une partie du terrain où se déroula la bataille de 1917 fut cédée à perpétuité par la France au Canada. La construction du mémorial, débutée en 1925, s'étala sur une période de onze années. Pour l'édification du monument, ce sont essentiellement des ouvriers britanniques et français, la plupart des vétérans, qui furent embauchés et placés sous la direction d'Allward, lui-même rendant des comptes à la Commission impériale des Champs de bataille britanniques. Allward mit lui-même plus de deux ans à parcourir l'Europe à la recherche du bon matériau pour la construction du mémorial, pour finalement trouver un calcaire de qualité dans une ancienne carrière romaine dans l'actuelle Croatie. Des problèmes logistiques ont retardé la livraison de la pierre sur le site, si bien que les travaux n'ont pu commencer avant 1927 dans le meilleur des cas, voire en 1931 pour la construction de certaines statues.

Dans l'attente de la livraison des pierres, les ouvriers en profitèrent pour réaménager le site. Il fallait d'abord sécuriser le terrain en enlevant les mines, les corps et tous autres vestiges de la Grande Guerre. Afin de préserver un minimum d'authenticité au site, d'anciennes tranchées ont été réaménagées en bétonnant les parapets pour que les visiteurs puissent y avoir accès et se faire une idée du tracé de la ligne de front.

Finalement inauguré à l'été de 1936, le mémorial de Vimy accueillit à cette occasion plus de 8 000 visiteurs canadiens. Le site devint dès lors un lieu de prédilection pour les pèlerins des champs de bataille. Sa sécurité fit pourtant l'objet de vives inquiétudes pendant la Seconde Guerre mondiale, puis lors de l'Occupation allemande, alors que des rumeurs circulant au Canada faisaient état de son éventuelle destruction. Pour faire taire ces rumeurs, le ministère allemand de la Propagande alla jusqu'à publier des photos où l'on voyait Adolf Hitler visiter le mémorial en juin 1940.

Après quelques décennies d'exposition aux éléments de la nature, affecté notamment par les infiltrations d'eau, le gouvernement canadien entreprit en mai 2001 de restaurer le mémorial. Plus de 10 millions de dollars ont été investis et le parc commémoratif fut temporairement fermé aux visiteurs en 2005 pour permettre l'exécution des travaux, pour être ouvert à nouveau au public en avril 2007 lors de la commémoration du 90e anniversaire de la bataille de Vimy. Encore aujourd'hui, des dizaines de milliers de visiteurs et groupes scolaires parcourent le site chaque année. Ce dernier est aussi mis en valeur par un programme structure de visites guidées animées par des étudiants canadiens.

Un lieu de pèlerinage

Le Monument commémoratif du Canada à Vimy a fait l'objet de nombreux reportages, documentaires et demeure une référence par excellence de mise en valeur du patrimoine de la guerre de 19141918, toutes nations confondues. Il constitue un témoignage poignant de l'horreur vécue par les soldats canadiens.

À LA GRANDE GUERRE, ET EN MÉMOIRE DE SES SOIXANTE MILLE MORTS, LE PEUPLE CANADIEN A ÉLEVÉ CE MONUMENT

Sur les parois du Monument, sont inscrits les noms de onze mille deux cent quatre-vingt-cinq soldats canadiens « manquant à l'appel et présumés morts » en France. Site de 117 ha., constitué d'une multitude d'arbres et d'arbustes du Canada qui y ont été plantés pour rappeler les bois et les forêts du Canada. Depuis le sommet de la crête, on bénéficie d'un magnifique panorama de l'Artois. Aujourd'hui, autour de cette «montagne du souvenir» les trous d'obus, les tranchées et les souterrains restaurés font revivre cette journée historique, à la fois si lointaine et si proche. La terre sur laquelle est érigé le monument commémoratif du Canada à Vimy a été accordé « gracieusement et pour toujours » au Canada par la France en 1922, en reconnaissance des sacrifices accomplis par le Canada lors de la Première Guerre mondiale et pour la victoire remportée par les troupes canadiennes lors de la bataille pour la capture de la crête de Vimy en avril 1917.

Vimy continue à résonner à toute volée au Canada. Partout sur les lieux de mémoire, dans le pays, mention est faite de cette bataille. Il suffit de se pencher sur quantité de documents aux morts pour trouver le nom du village : la croix de la citadelle de Québec s'appelle Croix de Vimy, au sud du Québec il existe un village qui s'appelle Vimy Ridge.

LE MONUMENT AUX MORTS

Le monument se trouvait à l'origine au milieu de la Place de l'Eglise, devenu gênant pour la circulation il a été démonté et transporté (dans les années 1970) près de l'école Jean Macé.

C'est une œuvre d'Elie OTTAVY construite en 1924 représentant une femme brandissant la couronne de la victoire